Aveu (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle, comme terme du droit féodal ; XVII e siècle, au sens 2. Déverbal d' avouer.
1. . Reconnaissance d'un suzerain par son vassal ou d'un vassal par son suzerain. La cérémonie de l'aveu. L' et le dénombrement d'un fief. Un homme sans , un homme qui, n'étant lié à aucun seigneur, ne pouvait invoquer la protection de personne. Auj. Par ext. Un homme sans , un individu sans foi ni loi, peu honorable, que personne ne veut reconnaître. Des gens sans .
2. Class. Consentement, agrément donné, le plus souvent par un supérieur, à ce qu'une personne a fait ou a dessein de faire. Je ne veux rien entreprendre sans votre . Elle s'est mariée avec l' de ses parents. Il prétend avoir agi de votre .
3. Action de reconnaître un fait, bon ou mauvais, que l'on avait le dessein de cacher. Je vais vous faire un : j'ai tout perdu au jeu. Faire l' d'une faute, d'une erreur, d'une confusion, d'une omission. Par ext. Faire l' de ses opinions, de ses sentiments. Il lui fit l' de son amour. Spécialt. Échanger de tendres x. . Reconnaissance par un plaideur de l'exactitude d'un fait allégué contre lui, du droit prétendu par son adversaire. Aveu d'une dette, reconnaissance de ce qui est dû.


Reconnaissance par une personne, devant la police ou l'autorité judiciaire, de faits pour lesquels elle est ou peut être poursuivie. L'aveu, élément de preuve laissé à l'appréciation du juge, ne lie pas celui-ci. Faire l' d'un crime. Lorsque la déclaration est faite en justice, l' est judiciaire. Obtenir, tirer des x de quelqu'un. Arracher, extorquer des x à quelqu'un. Il est passé aux x. Des x spontanés, provoqués, publics. L'inculpé entra dans la voie des x. Il a rétracté ses x. Loc. prép. De l' de, selon le témoignage de, au dire de. C'est lui qui a le mieux parlé, de l' de tout le monde. De l' de tous, cet ouvrage est très réussi.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Déclaration verbale ou écrite par laquelle on reconnaît avoir fait ou dit quelque chose. "Il paraît par son même, on sait de son propre que... Faire l'aveu de sa faute, d'un crime. On est parvenu à tirer de lui cet . Arracher des x. Rétracter ses x."
Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de la Reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. "L' d'une dette. Aveu judiciaire, extrajudiciaire."
Il se dit aussi du Témoignage qu'on rend de ce qu'un autre a dit ou fait. "C'est lui qui a le mieux parlé, de l' de tout le monde."
Il désigne encore l'Approbation, le consentement, l'agrément qu'une personne supérieure donne à ce qu'un inférieur a fait ou a dessein de faire. "Je ne veux rien faire sans votre . Il a entrepris cela de votre . Il a l' de ses parents pour son mariage."
En termes de Droit féodal, il signifiait Acte qu'un vassal était obligé de donner à son seigneur et par lequel il "avouait," reconnaissait tenir de lui tel ou tel héritage.
Il désignait aussi l'Acte par lequel un seigneur avouait, reconnaissait quelqu'un pour vassal ou un vassal quelqu'un pour seigneur.
"Un homme sans " signifiait Celui qui, n'ayant point été reconnu pour vassal par un seigneur, ne pouvait réclamer sa protection. Il signifie aujourd'hui Celui que personne ne veut reconnaître, homme qui n'a ni feu ni lieu.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Terme de féodalité. Acte établissant une vassalité.
    Homme sans , vagabond, homme qui n'a ni feu ni lieu ; proprement, homme qui n'est avoué d'aucun seigneur féodal.
    Par extension, en parlant des choses, qui n'est reconnu de personne.
VOLT.: « Une telle aventure [Philippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans »

 2   Agrément, approbation, consentement. Je n'en puis user sans ton . Il a fait cela avec l' ou de l' du gouvernement.
CORN.: « Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin, C'était sans mon , je n'en ai pas besoin »
CORN.: « Si vos promesses n'ont l' de Viriate »
CORN.: « Et par son propre la reine d'Arménie Est due à l'héritier du roi de Bithynie »
CORN.: « Je crains que ce don n'ait jamais son »
CORN.: « Jusqu'à ce que ma flamme ait eu l' d'un père »
MOL.: « J'ai besoin pour cela de l' de quelque autre »
PASC.: « Ils ont un ordre de ne rien imprimer sans l' de leurs supérieurs »
PASC.: « J'obtins l' d'Agrippa votre frère »
PASC.: « Sans votre l'on me fait prisonnier »
BOILEAU: « Quelle verve indiscrète, Sans l' des neufs soeurs, vous a rendu poëte »
D'ALEMB.: « Par un écrivain estimable, qui avait l' du public »

 3   En jurisprudence, reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. L' d'une dette.

 4   Action d'avouer, de confesser, de convenir. Après l' de sa faute. Arracher ou tirer des x. Leur silence paraissait un .
BOSSUET: « Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet d'avoir failli, qui coûte tant à notre orgueil »
BOSSUET: « Que de peine à faire un sincère ! »
VOLT.: « Dieu, reçois son du sein de ton empire »
RAC.: « C'est le sincère que je voulais vous faire »
RAC.: « .... Elle vous veut faire l' fidèle D'un secret.... »
RAC.: « Je meurs pour ne point faire un si funeste »
CORN.: « Ce franc sied bien aux grands courages »
    De l' de, avec le témoignage de.
BOSSUET: « Il est certain, de l' des Juifs.... »
BOSSUET: « Il est certain, de leur propre, que.... »
HAMILT.: « La chose s'était passée, de son , en tout bien tout honneur »

SYNONYME
    AVEU, CONFESSION. Aveu est plus général que confession ; il s'applique à tout ce que l'on avait le dessein de cacher, bon ou mauvais. La confession ne s'applique qu'au mal, à un tort, à un méchef. Aussi la torture, la menace arrachent non une confession, mais des x.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Et en tel cas, est il bon as tenans, qu'il ne facent nus s ; car il pourroient perdre »
    XVème siècle
J. DE TROYES: « Advint que aulcuns larrons bourguignons sans maistre ne adveu, se mirent sur les champs »
    XVIème siècle
MONT.: « Sans l'adveu de nostre volonté »
LOYSEL: « Le seigneur et le vassal sont tenus reciproquement s'entre-communiquer, de bonne foi, leurs s, denombremens et autres lettres ; ou s'en purger par serment »
LOYSEL: « Un seigneur ne peut contraindre son vassal de bailler [état, dénombrement de ce qu'il avoue tenir de lui] plus d'une fois en sa vie »
LOYSEL: « Pour simples meubles, on ne peut intenter complainte ; mais en iceux, echet [revendication] et contre-aveu »
AMYOT: « Ilz demandoient en courroux à Phoebidas par commandement et adveu de qui il avoit fait ceste surprise »

ÉTYMOLOGIE
    À et voeu (voy. AVOUER). La série des sens est : action de vouer, et proprement, de vouer service féodal ; puis approbation ; puis reconnaissance de ce qui est dû ; et finalement confession.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Déclaration verbale ou écrite par laquelle on avoue avoir fait ou dit quelque chose. "Il paraît par son même, on sait de son propre que... Faire l' de sa faute, d'un crime. On est parvenu à tirer de lui cet . Arracher des x. Rétracter ses x."
Il se dit particulièrement, en Jurisprudence, de La reconnaissance que fait une partie, du droit prétendu par son adversaire. "L' d'une dette. Aveu judiciaire, extrajudiciaire."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Du témoignage qu'on rend de ce qu'un autre a dit ou fait. "C'est lui qui a le mieux parlé, de l' de tout le monde."
Il signifie encore, L'approbation, le consentement, l'agrément qu'une personne supérieure donne à ce qu'un inférieur a fait ou a dessein de faire. "Je ne veux rien faire sans votre . Il a entrepris cela de votre . Il a l' de ses parents pour son mariage."
"Homme sans ," Vagabond que personne ne veut reconnaître, homme qui n'a ni feu ni lieu. "Ce sont des gens sans ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Jurisprudence féodale, Acte qu'un nouveau vassal était obligé de donner à son seigneur, et par lequel il reconnaissait tenir de lui tel ou tel héritage. "Rendre un . Aveu et déclaration. Aveu et dénombrement."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Reconnoissance verbale ou par écrit, d'avoir fait ou dit quelque chose. "Il paroît par son même, on sait de son propre "...
Il se dit aussi Du témoignage qu'on rend de ce qu'un autre a dit ou fait. "C'est lui qui a le mieux fait, de l' de tout le monde".
Il signifie aussi, L'approbation, le consentement, l'agrément qu'une personne supérieure donne à ce qu'un inférieur a fait ou a dessein de faire. "Je ne veux rien faire sans votre . Il a entrepris cela de votre . Il a l'aveu de ses parens pour son mariage".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Aveu, signifie aussi, en termes de Fief, Une reconnoissance que le Vassal donne à son Seigneur, pour raison des terres qu'il tient de lui. "Rendre un aveu. Bailler par . Aveu et déclaration. Aveu et dénombrement".
On appelle "Homme sans ," Un vagabond que personne ne veutreconnoitre, un homme qui n'a ni feu ni lieu. "Ce sont des gens sans ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Reconnoissance verbale ou par écrit, d'avoir fait ou dit quelque chose. "Il paroît par son même, on sait de son propre ."
Il se dit aussi du témoignage qu'on rend de ce qu'un autre a dit ou fait. "C'est lui qui a le mieux fait, de l' de tout le monde."
Il signifie aussi, L'approbation, le consentement, l'agrément qu'une personne supérieure donne à ce qu'un inférieur a fait ou a dessein de faire. "Je ne veux rien faire sans votre . Il a entrepris cela de votre . Il a l' de ses parens pour son mariage."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Une reconnoissance que le vassal donne à son Seigneur de fief, pour raison des terres qu'il tient de lui. "Rendre un . Bailler par . Aveu & déclaration. Aveu & dénombrement."
On appelle "Homme sans ," un vagabond que personne ne veut reconnoître, un homme qui n'a ni feu ni lieu. "Ce sont des gens sans ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

"A-veu". Plur. "aveux", 2e lon. "a-veû". Devant une voyelle, "a-veûz".] 1°. Reconnoissance verbale, ou par écrit, qu'on a faite de quelque chôse.
- Il difère de la "confession", dit l'Ab. "Girard", en ce que celle-ci tient un peu de l'acusation, et que l'autre supôse l'interrogation. En "confession" on s'acûse soi-même; en "avouant", on répond à celui qui nous interroge. On "avoûe" ce qu'on a eu envie de cacher: On "confesse" ce qu'on reconait avoir eu tort de faire. 'La question fait "avouer" le crime: le repentir le fait "confesser": on "avouë" la faute qu'on a faite: on "confesse" le péché dans lequel on est tombé.
   2°. "Aprobation", "Consentement". 'Je ne veux rien faire "sans" votre "aveu". 'Il "a l' de" ses parens pour son mariage.
- 3°. "De l' de", ou "de son ", a ce 2d sens; Je l'ai fait "de votre , de l' de" mon père. Il signifie aussi, Témoignage et opinion: 'Il a très-bien réussi, "de l' de tout le monde".
   Homme "sans "; vagabond, qui n'a persone de qui il se réclame.




Emplacement dans le dictionnaire :

avers
averse
aversion
averti
avertin
avertir
avertissement
avertisseur
avette

aveuglant
aveuglé
aveugle
aveuglement
aveuglément
aveugler
aveuglette (à l')
aveuglette (à l')
aviateur
aviation
avicenne




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...le terme que je m'étais assigné à moi-même était venu. Ma décision, -elle était déjà plus d'à moitié prise au fond de moi-même ; pour la rendre effective, il ne me restait plus guère qu'à en faire l'aveu, et je me promis à moi-même que la journée ne passerait pas sans que cela fût accompli, courageusement. C'était à mon frère que je voulais me confier d'abord, pensant qu'il commencerait, lui aussi,...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...à la divinité peut rendre compte du prestige particulier de tout ce qui est religieux, il reste à expliquer comment les hommes ont été conduits à attribuer une telle autorité à un être qui, de l'aveu de tout le monde, est, dans bien des cas, sinon toujours, un produit de leur imagination. Rien ne vient de rien ; il faut donc que cette force qu'il a lui vienne de quelque part, et, par conséquent,...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...nez, d'un grotesque th. autant avouer que nous ne savons plus nous servir de notre langue et qu'à force d'apprendre celles des autres peuples nous avons laissé la nôtre vieillir et se dessécher. Cet aveu ne nous coûte rien : nous avons permis à l'industrie, au commerce, à la politique, à la marine, à toutes les activités nouvelles ou renouvelées en ce siècle, d'adopter un vocabulaire où l'anglais,...


Citation n°4 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...trop pour convenir l'un vis-à-vis de l'autre d'une faiblesse. également convaincus de l'insignifiance des choses passagères, épris du même goût de l'éternel, nous ne pourrions nous résigner à l'aveu d'une distraction consentie vers le fortuit et l'accidentel. Il est certain, en effet, que l'amitié ordinaire suppose qu'on n'est pas trop convaincu que tout est vain. Dans la suite de la vie, une...


Citation n°5 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...suffiraient à peine à le faire d'une manière irréprochable. Et pourtant les recherches érudites seront entravées et incomplètes, jusqu'à ce que ce travail soit fait d'une manière définitive. De l'aveu même des Israélites, la littérature talmudicorabbinique ne sera plus étudiée de personne dans un siècle. Quand ces livres n'auront plus d'intérêt religieux, nul n'aura le courage d'aborder ce chaos....


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